![]() |
Depuis plus de 10 ans des milliers d'amateurs sont venus visiter le SFPI puis le SFPI2. Une bien belle aventure qui a permis de faire se rencontrer des gens de toutes les régions de France (et même de l'étranger), tous ces amateurs qui, avant le SFPI, se croyaient seuls au monde, ou presque, à s'intéresser aux plaques d'immatriculation. Par la magie d'internet et de ses pionniers, de nouveaux liens se sont tissés entre les placophiles. Les placophiles sont divers. Il y a ceux qui aiment les numéros, qui s'extasient sur un 111 AAA 67 ou un 92 ABA 29 (un numéro palindrome). Il y a ceux qui aiment les plaques en tant que support et qui ont le regard de Chimène pour une plaque ouzbek ou un bout de ferraille rouillé décoré d'une orange de Floride. Il y a les amateurs de statistiques qui mesurent au cordeau l'évolution comparée du 27 et du 72. Ceux qui s'intéressent aux plaques de bus. Et tellement d'autres. Chacun d'eux détient les clés de son pays de Cocagne. Si le SFPI n'a pas créé ces étranges spécimen, il a contribué, à son échelle et avec un infini plaisir, à leur fédération, à leur réunion, à leur fusion. Aujourd'hui, le Fichier National des Immatriculations (le bon vieux système basé sur le département) est mort et enterré et le SIV a pris sa place, gommant toute notion régionale et rationalisant tous les bricolages locaux. Le FNI laissait à chacun sa chance de tenter de soudoyer à coup de sourires enjôleurs un(e) employé(e) de la préfecture pour avoir le numéro fétiche tant recherché. Avec le SIV nous voila dans l'ère de l'ordinateur, seul décideur d'un numéro porte chance ou porte poisse. Et cela à vie. L'horreur absolue ! Il y a à parier que les plus accros (et fortunés) des placophiles en arriveront à changer de véhicule simplement pour retenter leur chance. Il y a aussi fort à parier que, certains remplaceront le sourire évoqué par un coup de fil à la relation placée suffisamment haut pour obtenir la même faveur. Bref, les plaques d'immatriculation se transforment. Mais les plaques d'immatriculation ne sont pas les seules à avoir muté. Internet aussi. Le HTML prend des rhumatismes et le web 2.0, le Flash et les réseaux sociaux tissent leur toile... sur la toile. Le gigantesque terrain vague, le terrain de jeu qui permettait toutes les fantaisies et débridait les imaginations, ce terrain se peuple de constructions modernes. Les sites-cabanes bricolés batis par des amateurs comme ceux du SFPI sont écrasés à coup de bulldozers. Ils laissent la place à des grands sites-immeubles, construits par de puissants groupes de BTP, de médias et de leurs complices financiers. Des murs surgissent de tous côtés. Le gratuit se meurt, les accès se font payants et malheur à celui qui ne verse pas son écot. Il est rejeté hors de la cité, poursuivi par des robots détecteurs de tricheurs. L'age de cristal arrive. Un jour le monde se réveillera probablement avec le goût du soleil vert dans la bouche. Que vient faire le SFPI là-dedans, direz-vous. Les amateurs sont toujours là et ils continueront à se passionner pour les rectangles de métal ou de plastique. Mais le site lui-même ne présente plus d'intérêt. Les webmestres, en créant le SFPI2 l'année dernière ont tenté une ouverture vers la modernité en proposant un site collaboratif, basé sur le CMS Joomla. Un site prêt pour que chacun puisse se sentir créateur et puisse transmettre ses connaissances. Mais la mayonnaise n'a pas pris. Personne n'a voulu s'investir dans cette nouvelle aventure. Les webmestres fondateurs du SFPI ont donc décidé de jeter l'éponge et fermer le site et ses annexes : la liste de discussion et le forum. L'arrivée du SIV était un signe du destin de la fin d'un monde. L'heure est venue. Le 1er décembre le Site Francophone des Plaques d'Immatriculation, le premier et plus ancien site français uniquement dédié aux plaques, s'est évaporé de la toile. Les moteurs de recherche en garderont encore quelques temps les traces puis trancheront l'élingue. Le tome 1 de l'histoire en ligne des plaques d'immatriculation en France s'est fermé. D'autre écriront les volumes suivants. Les webmestres ont le sentiment d'avoir fait un bel ouvrage et, en tout cas, ils ont fait de leur mieux. Ils remercient tous les visiteurs, dont toi qui lis ces lignes en ce moment. Le SFPI a été un formidable terreau de rencontres et de bonheur car ses passionnés se sont souvent retrouvés. Tout ce monde virtuel qui se retrouvait soudain autour d'une table de bistrot, dans un restaurant ou dans un jardin, tout cela fut un bonheur profond et sincère, inoubliable. Certains sont venus nous rejoindre, un temps, puis sont repartis. Et parmi eux il en est un qui nous a accueillis chez lui avec tellement de gentillesse que ceux qui y étaient s'en souviennent encore. Celui-là nous a quitté définitivement. Il s'appelait Jean-Michel. C'est à lui que nous pensons au moment de fermer le site et c'est à lui que nous offrons les cendres du SFPI. Michel et Jean-Philippe, les webmestres Si vous regardez en arrière, jetez un dernier coup d'oeil aux deux uniques pages du SFPI (qui n'avait pas encore de nom) à sa naissance, en 1998 : page 1 et page 2. Et pour ceux qui voudraient nous contacter, une adresse : adieusfpi@sfpi2.com PS : tout change. Le belle mentalité qui régnait sur le SFPI s'est envolée. Certains se sont cru malins en retrouvant des liens sur une partie du site qui n'était pas fermée. Ils ont réutilisé ces informations sans tenir compte de la volonté des webmestres et bien entendu sans les prévenir. Cela n'aurait pas été bien grave si c'était venu de nouveaux. Mais des anciens, de ceux qui ont vécu l'aventure depuis le début, ont couvert ces activités. C'est bien triste. Mais maintenant c'est terminé. Que ces gens restent entre eux. Ils ont enterré le SFPI une deuxème fois. |